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Essai Audi RS4 4.2

Essai Audi RS4 4.2 : Coffre à jouets

Le 29/06/2012 par Adrien Cortesi
Credit Photo - Adrien Cortesi
Essai Audi RS4 4.2 : Coffre à jouets
Fiche technique : Audi Rs4 Avant
Audi perpétue la tradition du break ultra-performant avec cette quatrième génération de RS4. Tirant 450 ch de son V8 atmosphérique, cette arme absolue fidèle à la transmission quattro semble déjouer les lois de la physique et procure un immense plaisir de conduite. La surenchère continue !
L’Audi RS 4 constitue un modèle extrêmement important pour Audi. Entre vitrine technologique et « success story », ce break mythique fait toujours autant rêver par sa capacité à provoquer berlines sportives et autres « GT ». L’histoire commence en 1994 avec l’Audi RS 2 développée en collaboration avec Porsche. Forte de 315 ch extirpés d’un 5 cylindres 2.2, ce break musclé suscite de vives réactions et démontre qu’on peut avoir du coffre également sous le capot.

Six ans plus tard, La RS 4 Avant – terme désignant la carrosserie break – revient avec de plus amples ambitions commerciales, une transmission intégrale quattro et des performances encore décuplées (380 ch). En 2005, la troisième RS4 opère quelques bouleversements : le V6 2.7 bi-turbo cède sa place au V8 4.2 atmosphérique (420 ch) et les carrosseries berline et cabriolet complètent la donne. Une tâche désormais relevée par sa cousine RS5 permettant à cette RS4 cru 2012 de renouer avec la tradition du break en tant qu’unique proposition.

Tout en se distinguant par sa transmission intégrale, la RS 4 réaffirme ses intentions de croiser le fer avec les BMW M3 (420 ch) et Mercedes C63 AMG (457 ch). Dans cette perpétuelle course à l’armement, notre méchant break y ajoute un élément crucial : la polyvalence poussée à l’extrême ! Réunissant en effet volume de chargement, transmission intégrale et puissance (très) élevée, la RS4 cumule les aptitudes sans altérer l’agrément de conduite et les sensations sportives. Un point essentiel brigué par cette version incarnant la performance extrême, loin devant la S4 plus modérée mais tout aussi ambitieuse.
A la pointe
A la pointe
Adrien Cortesi
Identifiable au premier coup d’œil (ou coup de gaz, pour les ouïes fines), la RS4 s’impose des éléments de carrosserie spécifiques sans tomber dans la prise de stéroïdes à outrance. Plus long (+ 20 mm), plus bas (- 20 mm) et surtout plus large (+ 24 mm) que l’A4 Avant, l’engin n’apparaît pas si monstrueux que cela. Mais son regard acéré, ses prises d’air béantes, ses ailes élargies ou encore son éloquent diffuseur arrière le démarquent suffisamment pour assumer son rang…

Une agressivité tout aussi maîtrisée dans l’habitacle, à peine moins austère que de coutume chez Audi. Mais la présence de sièges sport enveloppants (ou semi-baquet en option), d’inserts en fibre de carbone, d’un volant à méplat, d’un pédalier alu et de logos « RS » ça et là éclairent distinctement le modèle en question. Pour le reste, on retrouve une qualité de fabrication toujours aussi irréprochable et une habitabilité préservée.

Plus intéressant, les entrailles de la bête retrouvent le V8 atmosphérique de 4.2 de cylindrée déjà présent sur la RS5. Développant 450 purs-sangs perchés à 8 250 tr/mn et 430 Nm de 4 000 à 6 000 tr/mn, cette motorisation « grappille » 30 ch et 10 Nm par rapport à l’ancienne mouture. N’en déplaise aux amateurs de vocalises à très hauts régimes, cette noble motorisation affichant un rendement de 108 chevaux au litre ne cède pas à la mode de la suralimentation, souvent plus favorables en termes d’efficience. L’abandon de la boîte mécanique à 6 rapports, pour des raisons d’économies… de carburant (- 26 % soit 10,7 l/100 km en 2005), impose l’élogieuse boîte automatique à double embrayage S-tronic 7. Comme sur la RS5, le mode « launch control » optimise les démarrages en trombe. Enfin, la nouvelle architecture favorise la répartition des masses (proche de 50 % par essieu) et un différentiel sport (en option) vient encore accroître l’efficacité dynamique. Ça promet !
Danse avec les courbes
Danse avec les courbes
Adrien Cortesi
Aucun doute là dessus, les pères de famille pressés comme les amateurs de voitures ultra-sportives y trouveront leur compte. Parfaitement docile malgré une certaine vivacité des commandes et un amortissement ferme (même en mode confort), la RS4 s’envisage bien évidemment au quotidien. Bien sûr, inciter à hausser le rythme fait partie intégrante du rôle de l’auto. Rappelons un niveau de performance hors-norme avec un 0 à 100 km/h expédié en 4,7 s et une vitesse de pointe bridée à 250 km/h… ou 280 km/h en option.

A la moindre occasion, cette sulfureuse mécanique ne demande qu’à élever la voix. Dans un timbre rageur et métallique, le V8 hurlant jusqu’à 8 500 tr/mn assène une accélération tout aussi « exponentielle ». Les sensations, grisantes, sont dignes d’un modèle de course. Du genre « pointu », la 4.2 n’apprécie guère retomber en dessous de 5 000 tr/mn et incite à rester dans sa plage d’utilisation la plus élevée. Le mode séquentiel avec palettes au volant, verrouillant parfaitement le rapport engagé, vient parfaire une efficacité mécanique totale. Heureusement, la RS 4 prévoit de ralentir grâce à des étriers huit pistons écrasant des disques au design ondulé. Les plus exigeants s’orienteront vers l’option céramique à l’avant… pour 7 240 euros.

Et pour cause. Malgré 1800 kg sur la balance, la RS4 inflige un comportement terriblement enjoué. Si la sensation de poids demeure perceptible dans les changements de direction successifs, ses vitesse de passage en courbes se révèlent inavouables sur route ouverte. Une fois le train avant placé, l’engin vous téléporte de virage en virage avec une aisance déconcertante, même dans le serré. Merci à l’impériale transmission Quattro envoyant jusqu’à 65 % du couple aux roues arrière et au différentiel sport donnant l’impression d’avoir des roues arrière directrices.
Lourde artillerie
Lourde artillerie
Adrien Cortesi
Face à un tel niveau d’efficacité et un déferlement de puissance permanent, difficile d’éviter tout excès d’optimisme. En effet, une courbe abordée trop rapidement ne manquera pas de vous rappeler à l’ordre en laissant l'auto élargir progressivement la trajectoire. Un phénomène encore moins prévenant lorsque l’on paramètre le « drive select » en mode « dynamic », agissant sur la loi d’amortissement, la démultiplication de la direction, la gestion de boîte ou encore la sensibilité de l’accélérateur. Heureusement, le contrôle de stabilité (offrant un mode sport plus permissif, ou totalement déconnecté) canalise à merveille le guidage de l’auto sans que le conducteur s’en aperçoive. Une sensation de facilité donnant presque la sensation d’aller plus vite qu’avec l’ESP « off » !

Exploitable au quotidien, à l’aise partout et terriblement enivrante, cette fabuleuse machine à sensations comblera assurément les 200 propriétaires privilégiés prévus en France (livraison annoncée pour septembre). Affichée à 85 900 euros auquel il convient d’ajouter quelques options histoire d’exacerber la sportivité, l’ultime RS4 n’est malheureusement pas accessible à toutes les bourses. C’est là son seul vrai défaut…
BONS PLANS
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