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Le mythe de la déesse
Le mythe de la déesse
- En savoir plus sur cet ouvrage" border="0"/>La DS 19 représente un épiphénomène dans l'histoire de l'automobile : lorsqu'elle est dévoilée au Salon de Paris 1955, elle plonge toutes ses rivales dans la désuétude.
Le style de Flaminio Bertoni est fulgurant, avec son profil aérodynamique bicorps, ses flancs lisses, dépourvus de toute ornementation, son capot plongeant, sans calandre, son plancher plat, son arrière fuyant, ses roues carénées, sa surface vitrée sans angle mort… Ce futurisme formel est à l’image du contenu technologique très novateur. L’habitacle paraît tout aussi inhabituel avec son tableau de bord stylisé, son volant monobranche et son espace impressionnant aux places arrière.
“La DS 19 a le courage d’être une machine sincère. Elle ne cherche pas comme la production de l’école américaine à séduire l’acheteur par des barbouillages multicolores, terribles, des chromes abondants, un effort pour tout masquer. L’école européenne, elle, écoute la technique.” Gio Ponti, architecte et designer, créateur de la revue Domus, s’enflamme pour la Citroën lors de sa réception à Paris, en janvier 1957, à l’Institut d’esthétique industrielle. La même année, le sémiologue Roland Barthes affirme dans ses Mythologies : “Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ; je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique […]. La déesse est visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n’y est qu’une base.”
Toujours en 1957, en novembre, la DS 19 est exposée comme un totem à la XIe Triennale de Milan qui célèbre l’osmose entre l’industrie et les arts au Palazzo Dell’Arte al Parco. Pour l’occasion, Citroën édite une plaquette illustrée de photos de Pierre Jahan et Sergio Bersani sous la direction artistique de Robert Dumoulin. La DS y est montrée de manière singulière, à l’aide de détails, de gros plans ou de vues allégoriques.
Jamais l’industrie automobile n’avait porté un tel regard sur elle-même. Claude Puesch, responsable de la “propagande”, est l’instigateur de cette révolution. Robert Doisneau, qui venait de travailler pour Simca, se penche sur la DS dès 1955. Henri Cartier-Bresson est lui aussi sollicité pour des scènes de la vie quotidienne. Pierre Jahan illustre un catalogue exaltant le mariage de l’air et de l’eau dans la suspension hydropneumatique.
“La DS 19 a le courage d’être une machine sincère. Elle ne cherche pas comme la production de l’école américaine à séduire l’acheteur par des barbouillages multicolores, terribles, des chromes abondants, un effort pour tout masquer. L’école européenne, elle, écoute la technique.” Gio Ponti, architecte et designer, créateur de la revue Domus, s’enflamme pour la Citroën lors de sa réception à Paris, en janvier 1957, à l’Institut d’esthétique industrielle. La même année, le sémiologue Roland Barthes affirme dans ses Mythologies : “Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ; je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique […]. La déesse est visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n’y est qu’une base.”
Toujours en 1957, en novembre, la DS 19 est exposée comme un totem à la XIe Triennale de Milan qui célèbre l’osmose entre l’industrie et les arts au Palazzo Dell’Arte al Parco. Pour l’occasion, Citroën édite une plaquette illustrée de photos de Pierre Jahan et Sergio Bersani sous la direction artistique de Robert Dumoulin. La DS y est montrée de manière singulière, à l’aide de détails, de gros plans ou de vues allégoriques.
Jamais l’industrie automobile n’avait porté un tel regard sur elle-même. Claude Puesch, responsable de la “propagande”, est l’instigateur de cette révolution. Robert Doisneau, qui venait de travailler pour Simca, se penche sur la DS dès 1955. Henri Cartier-Bresson est lui aussi sollicité pour des scènes de la vie quotidienne. Pierre Jahan illustre un catalogue exaltant le mariage de l’air et de l’eau dans la suspension hydropneumatique.
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- Introduction
- D'après l'ouvrage "La Carrosserie Française, du style au design"
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