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Citroën, 90 ans d'innovation

Citroën, 90 ans d'innovation

Le 01/03/2009
Citroën, 90 ans d'innovation
Fiche technique : Citroen
De la Type A aux victoires en WRC en passant par la Traction Avant, 2CV ou la DS : retour sur 90 ans d'innovations.
La Type A a été la première voiture de série européenne à être commercialisée dès 1919. La Traction Avant, la 2CV puis la DS ont largement contribuées à définir l’automobile moderne.

Sources : Citroën
Technologie mise au service de l'homme
Technologie mise au service de l'homme
En 1900, alors âgé de 22 ans, André Citroën fait l’acquisition en Pologne d’un brevet de machine à tailler des engrenages avec denture en forme de chevron. Le jeune polytechnicien crée dans la foulée la société des Engrenages Citroën. Ainsi retrouve-t-on les deux pointes de flèche superposées sur le haut du radiateur de la 10 HP type A, premier modèle de voiture commercialisé par l’industriel en 1919. 90 ans plus tard, la forme en chevron continue de marquer tous les véhicules Citroën du sceau de son histoire.

Fidélité assurément. Immobilité jamais. Après plusieurs mues, le célèbre logo continue de se réinventer. Les chevrons s’affirment, prennent du relief, de la force : symbole d’une matière vivante et en mouvement, d’une technologie mise au service de l’homme. Le nom de Citroën, indissociable des chevrons, s’écrit désormais dans une typographie spécifique, qui conserve ici sa couleur rouge, comme un pont entre son histoire et son futur. L’un et l’autre, réunis, forment le symbole de la Marque, qui souligne la confiance renouvelée de Citroën dans ses valeurs et ses ambitions.

En janvier 1919, deux mois seulement après l’armistice, une publicité annonce "la première voiture française construite en grande série". L’ingénieur constructeur André Citroën, sans même attendre que son usine ne soit complètement terminée, vient de donner corps à son grand projet : la fabrication à forte cadence d’une voiture à vocation populaire.

Le 4 juin 1919, la première 10 HP (pour horse power) type A est présentée officiellement. La première voiture livrée le 7 juillet à un certain Monsieur Testemolle, marchand de bestiaux à Beaulieu-sur-Dordogne. Elle affiche des performances (moteur 1327 cm3, 65 km/h, 7,5 l aux 100 km) et des équipements hors norme, à un tarif (le quart du prix d'une voiture d’avant-guerre) qui défie toute concurrence. Non seulement, pour la première fois en France, un modèle est fabriqué en grande série, à l’américaine, mais comme le précise la réclame la voiture est livrée complète. A l’heure où l’on achète encore son automobile sous forme de châssis nu posé sur des roues sans pneumatiques, Citroën crée une petite révolution en livrant sa type A carrossée, équipée de quatre roues en tôle emboutie chaussées de pneus Michelin, d’une roue de secours habillée, d’une suspension digne de ce nom à l’avant et à l’arrière, etc. Deux innovations font sensation : les phares et le démarreur électrique qui évite la corvée de la manivelle ! La production est de 30 voitures par jour. En deux ans plus de 24 000 exemplaires seront vendus.
Nouvelle conception de la fabrication
Nouvelle conception de la fabrication
D'innovations en nouveautés dévoilées au fil des ans, les voitures Citroën sont l'exemple à suivre. En octobre 1924, Citroën présente ainsi avec la B10 ses premières carrosseries tout-acier. Plutôt que de recouvrir de tôle une armature en bois, la carrosserie est constituée d’éléments en acier emboutis à froid assemblés par soudure. André Citroën a vite réalisé les avantages de cette nouvelle technologie. La tout-acier est plus robuste que le modèle en bois qui supporte les mêmes fatigues que son châssis et s’use généralement plus vite. Ce type de carrosserie offre ainsi une meilleure sécurité au conducteur et à ses passagers car il est moins déformable et incombustible. La visibilité est également accrue grâce à la finesse des montants. La voiture s’avère en outre plus spacieuse et plus facile à entretenir tout en restant aussi élégante. Á partir de la B10, Citroën popularise la voiture fermée.

Dans le sillage de la Type A, Citroën n’arrête pas d’apporter des vitamines à haute dose à l’automobile en commercialisant la "petite citron" (5 CV) puis la série des modèles B à moteur quatre cylindres ; le premier moteur six cylindres étant commercialisé sur les modèles C. En 1932, apparaît sur les Rosalie un mécanisme qui révolutionne le confort des voitures de tourisme ; dispositif qui est aujourd'hui unanimement adopté dans le monde entier. Désigné moteur flottant, celui-ci a été mis au point par des ingénieurs américains d'après des travaux menés par des chercheurs français. Il s'agit de désolidariser le moteur du châssis par des points d’attaches souples et de le suspendre selon des axes particuliers dont l’un passe par son centre de gravité. Les vibrations du moteur ne sont ainsi plus transmises au châssis et au reste de la voiture. Conquis par le confort qu'apporte cette invention, André Citroën en achète la licence exclusive pour l'Europe. Le symbole en est un cygne voguant entre deux chevrons.
Le Défi technique de la traction
Le Défi technique de la traction
"Si neuve, si audacieuse, si riche en solutions originales, si différente de ce qui a été fait."Voilà comment la presse accueillit la Traction Avant Citroën lors de sa présentation, le 18 avril 1934. La "reine de la route" qui démodait d’un seul coup tous les autres véhicules, fut conçue sous la houlette de l’ingénieur André Lefebvre en à peine 15 mois à un rythme inconcevable ! Le défi technique était de faire reposer l’ensemble moteur-boîte de vitesses sur les roues avant devenant à la fois directrices et motrices. Le centre de gravité s’en trouvait rabaissé au bénéfice d’une tenue de route dont la qualité demeurait jusqu’alors inconnue. S’ajoutaient une direction à crémaillère, un moteur monté sur silentbloc, une boîte de vitesses synchronisée, des freins à commande hydraulique, suivis en 1954 par la première version de la suspension hydropneumatique, autant de systèmes qui ont fait école. Cette nouvelle architecture mécanique n’était pas le seul atout de la Traction. Sa carrosserie monocoque autoporteuse, ses lignes aérodynamiques et son style, œuvre du sculpteur italien Flaminio Bertoni, étaient tout aussi novateurs pour l’époque. Forte d’une remarquable carrière commerciale avec 760 000 exemplaires produits, la Traction Avant a véritablement ouvert la voie à l’automobile de série moderne.

Fidèle à l’esprit de son fondateur, Citroën n’a jamais cessé d’explorer l’horizon en maintenant la tradition des grands raids. Car si pour les voitures au double chevron l’aventure commence au coin de la rue, elle se termine souvent au bout du monde. Du premier raid transsaharien de 1922-1923 au raid Berlingo de 1997, en passant par le Londres- Sydney 1968, le Raid Afrique de 1973, la Croisière Noire de 1924-1925, sans oublier bien sûr la mythique Croisière Jaune des années 1931-1932, les Citroën ont sillonné la planète. Ils en ont avalé des kilomètres les Haardt, Audoin-Dubreuil, Bianchi et Lartigue... Là encore, il a fallu faire preuve d’ingéniosité mécanique en mettant au point des véhicules d’exception comme les fameuses autochenilles Citroën-Kégresse, la DS ou la redoutable ZX Rallye-Raid victorieuse du Paris-Moscou-Pékin, en 1992, et bien sûr de quatre "Dakar". Le plus incroyable de ces marathoniens, sans doute pas le plus connu, est Pierre Lecot qui parcourut de juillet 1935 à juillet 1936 la bagatelle de 400 000 km, accomplissant quotidiennement pour cela le trajet entre Paris et Monte-Carlo ! Un exploit unique dans les annales de l’automobile, réalisé au volant d’une Traction Avant.
Générations 2CV
Générations 2CV
L’histoire débute en 1936. Dans le secret des bureaux d’études, Pierre Boulanger, l’instigateur de la Traction Avant, travaille au projet d’un véhicule de quatre places, confortable, capable de filer à 50 km/h en ne consommant que 5 litres au 100 km ; une voiture de conception et de réalisation radicalement différentes, moins coûteuse de surcroît que les modèles de l’époque. Le premier prototype de cette Toute Petite Voiture sort en 1937, tandis que l’homologation a lieu le 23 août 1939 sous le nom de 2 CV A. La Seconde Guerre interrompt le programme. Il faut attendre 1948 pour voir la Citroën joufflue présentée au Salon de l’Automobile. C’est le choc. Les doutes sur ses performances et sa finition spartiate n’empêchent pas le public d’être conquis par cette voiture si pratique, si peu chère et tellement en rupture avec les précédentes. La suite de l’histoire est connue : 5 114 959 modèles fabriqués en 42 ans, record absolu de la production Citroën. La 2 CV et ses petites sœurs comme l’astucieuse et aventurière Méhari, laissent un souvenir ému aux générations successives, continuant d’inspirer les créateurs à l’instar de ceux de la Citroën C-Cactus, nouvelle incarnation d’un concept de voiture futée, nature, économique et innovante.
90 ans de technologie très utilitaire
90 ans de technologie très utilitaire
Toujours précurseur, André Citroën comprit vite que l’automobile s’imposerait aussi pour l’énorme marché du transport et de la livraison. Fin 1919, il ouvrait la voie en proposant une version de la 10 HP type A en version fourgon-plateau. S’en suivirent de belles et robustes camionnettes dont les célèbres B2 "Boulangère" et "Normande" lancées en 1922, ou la B15 de 1926, premier véhicule utilitaire français à cabine fermée capable de transporter une tonne de charge utile. L’apparition du 6 cylindres avec la C6 allait permettre de proposer des véhicules de plus en plus importants comme le C6I, premier camion rapide français mis sur le marché en 1929.

Dix ans plus tard, les usines Citroën sortirent le premier utilitaire de série à roues avant motrices, le fameux TUB. Un modèle pratique et compact qui possédait une porte latérale coulissante. Le "H" au style cubique et à la tôle ondulée bien connus, fit preuve d’une exceptionnelle longévité, se vendant jusqu’en 1981 à près de 500 000 exemplaires ! N’oublions pas leurs successeurs : la légendaire 2CV fourgonnette, l’inaltérable C15, les Berlingo, Jumper, Jumpy et Nemo, dernier-né d’une grande lignée d’utilitaires jouant la synthèse idéale entre le style, les aspects pratiques et un haut niveau de confort.
Citroën, trois points de suspension
Citroën, trois points de suspension
Apparue en 1954 sur la Traction Avant 15/6 H, puis popularisée sur la DS, la suspension hydropneumatique a assuré la suprématie de Citroën en tenue de route et en confort. Avec ce système, les ressorts mécaniques traditionnels laissent place à un liquide incompressible qui assure la liaison entre les organes mécaniques de suspension en mouvement et à un gaz qui constitue l'élément ressort. La suspension hydropneumatique permet ainsi d'obtenir une grande flexibilité et une hauteur constante quelle que soit la charge. Cette innovation a fait le succès de générations de Citroën : les DS, GS, SM, CX et BX. Jusqu’en 1989, date de lancement de la XM sur laquelle est apparue l'Hydractive, première suspension hydropneumatique intelligente équipant une voiture de série. Avec la sortie de la Xantia en 1993, est venu ensuite le temps de l’Hydractive 2, une suspension hydroélectronique encore améliorée par Citroën qui l’a dotée d'un système de contrôle actif de roulis. Jusqu’aux avantages de l’Hydractive 3, une suspension auto-adaptative proposée dès 2001 sur C5, qui permet une variation automatique de la hauteur du véhicule selon l’état de la route et les conditions de la conduite. Une logique optimisée sur C6 pour laquelle Citroën a procédé en 2005 à l’association entre des trains de roulement sophistiqués et une suspension active à flexibilité et à amortissement pilotés.
La DS à l'avant garde de la modernité
La DS à l'avant garde de la modernité
Citroën a beau habituer les automobilistes aux surprises, les visiteurs du Salon de l’Automobile d’octobre 1955 sont sidérés par la DS 19. "Du phare au feu rouge arrière, ce qu’elle a, c’est ce que les autres n’ont pas", lit-on alors dans la presse. A commencer par son style inimitable. La DS est une sculpture industrielle, une symbiose exceptionnelle entre les génies esthétique et technologique. Ses pères ? Encore et toujours le tandem Lefebvre-Bertoni, auquel il faut ajouter Paul Magès responsable des études sur la suspension hydropneumatique, qui ne laisse pas d’étonner par le confort qu'elle procure. La centrale haute pression, rendue nécessaire par la suspension, est au cœur de nombre d’innovations de la voiture. Elle fournit sa puissance à la direction assistée, au freinage à disques ou à la commande de vitesses avec embrayage automatique préfigurant la boîte robotisée d'aujourd'hui. La DS utilise également dans sa construction des matériaux d’avant-garde comme l'aluminium pour son capot et le plastique pour son toit. Sa carrosserie aux 11 éléments démontables épouse des formes outrageusement aérodynamiques pour l’époque. Sa calandre "pincée" est minimaliste. Ses essuie-glaces sont escamotés, ses roues masquées sous les ailes, ses portières sans montant, ses phares tournants (innovation apparue en 1968). L’habitacle de la DS réserve aussi son lot de nouveautés comme cette planche de bord futuriste en plastiques moulés avec son volant monobranche ou ce levier de vitesse implanté derrière le volant. En démocratisant une technologie d’avant-garde, la DS a donné le ton à toute une génération d’automobiles modernes et acquis une reconnaissance universelle.
Pionnier de l'écomobilité
Pionnier de l'écomobilité
3,5 litres d’essence aux 100 km à 90 km/h ! Le concept car Eco 2000 imaginé par Citroën en 1984 affichait une remarquable sobriété. La Marque n’a pas cessé de mettre en avant son engagement et sa maîtrise technologique dans le domaine des économies d’énergie avec les bénéfices que l’on connaît aujourd’hui pour l’environnement. Cela se traduit par la signature "Airdream" associée aux véhicules propres de la gamme comme C1 HDi 55, C5 HDi 110 FAP ou Grand C4 Picasso HDi 110 FAP BMP6. Ce qui vaut également à Citroën son avance historique dans le domaine des véhicules électriques. Dès 1987, la Marque a en effet expérimenté plusieurs C15 propulsés à l’électricité en partenariat avec les collectivités locales de La Rochelle. L’AX électrique, premier modèle électrique de tourisme commercialisé par Citroën, a pris la suite en 1993, bientôt suivi par Berlingo et une version électrique de Saxo. Un pas supplémentaire fut franchi en 2002 avec la présentation sur C3 de la technologie micro-hybrides "Stop and Start" permettant d’économiser 10 % de carburant en ville soit 18 g de CO2/km. Est apparu dans la foulée le démonstrateur Citroën C4 Hybride HDi, dotée d’une chaîne de traction hybride diesel-électrique. Une innovation ajoutée à celles appliquées sur les concepts car C-Métisse et C-Cactus, le véhicule écologique par excellence. De quoi démontrer la maîtrise de Citroën des différentes architectures hybrides. La Marque ambitionne de placer la diminution des consommations et des émissions de CO2 au coeur de sa politique produit, de mettre sur le marché des véhicules Hybrides HDi, rendant ainsi cette technologie accessible au plus grand nombre de clients.
Une machine à gagner
Une machine à gagner
Rallyes et Rallyes-Raids. Ces deux disciplines sont ancrées dans la tradition sportive de Citroën. Si les premières participations officielles au rallye de Monte-Carlo remontent à 1934 avec l'engagement insolite d'un… autocar Type 45, les premiers exploits sportifs retentissants d'une voiture Citroën sont ceux réalisés dans les années trente, notamment en 1933 lorsque la "Petite Rosalie" parcoure 300 000 kilomètres en 133 jours sur l’autodrome de Montlhéry. Voilà qui nous rappelle qu’avant de se constituer un palmarès exceptionnel en rallye, nos autos ont brillé dans des épreuves d’endurance. Citroën peut même se targuer d’avoir été l’inventeur des premiers raids avec les fameuses Croisière Noire (1924) et Croisière Jaune (1931). Des terrains que la Marque retrouva dans les années quatre-vingt-dix à l’occasion de compétitions marathon. Nul n’a oublié l’époque où les ZX Rallye-Raid de Lartigue et Vatanen régnaient sans partage sur la coupe du monde des rallyes tout terrain, s’octroyant cinq titres constructeur et de nombreuses victoires tant à Dakar qu'à Pékin. Mais revenons au rallye, discipline reine où les premiers engagements officiels du Quai de Javel se firent avec la DS suivie par la SM, la CX et les Visas dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Citroën Sport signe son retour au premier plan de la compétition en collectionnant les victoires dans le championnat WRC. Quatre titres constructeurs acquis depuis 2003 ! Une réussite exceptionnelle qui consacre l’ascension de Sébastien Loeb, pilote de génie, et de son copilote, Daniel Elena, cinq fois champions du monde des rallyes (catégorie Pilotes et Copilotes) - un record absolu -, au volant de la Xsara WRC (en 2004, 2005, 2006) et de la C4 WRC (en 2007 et 2008) !
Le rêve automobile
Le rêve automobile
La quête permanente de solutions innovantes s’est traduite chez Citroën par d’innombrables propositions de véhicules de recherche porteurs de solutions d’avenir. Difficile de choisir parmi tous les prototypes d’études sortis des cartons. Quels concept car retenir ? Á l’heure où mondes réel et virtuel se confondent, ce pourrait être le concept GTbyCitroën présenté au dernier Mondial de l’Automobile. Fascinant ! Deux ans plus tôt, le coupé C-Métisse nous avait déjà ensorcelé avec son rouge flamboyant, ses chromes omniprésents, ses proportions élancées et ses ouvrants géants. C-Métisse apportait autre chose : rappelez-vous ses moteurs électriques nichés dans les roues arrière pour en optimiser la motricité et diminuer la consommation et les émissions de CO2. L’alliance de la passion et la raison. C-Cactus, concept car présenté au salon de Francfort 2007, incarne à merveille cet équilibre. Citroën y relève le pari ambitieux de proposer une berline au style irrésistible, équipée d’une chaîne de traction hybride HDi à un prix très attractif. Une équation complexe qui pousse la Marque à explorer de nouvelles voies de conception, en faveur d’une technologie économique et d’équipements écologiques.

Écoconception qui n’est pas sans rappeler le cahier des charges d’un autre de ces véhicules exploratoires, la Toute Petite Voiture mise au point dès 1936, rebaptisée 2 CV quelques années plus tard.
BONS PLANS
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