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Vers une révolution du permis de conduire
par Julien Dell
Le permis de conduire bientôt bouleversé

Vers une révolution du permis de conduire

Réclamée par Nicolas Sarkozy l'hiver dernier, la fameuse réforme du permis de conduire devrait finalement être officialisée dans les quinze jours qui viennent.

Elle sera annoncée par le Président de la République en personne et fera la part belle à la conduite accompagnée, à la modernisation des méthodes d’apprentissage ou encore à des rendez-vous obligatoires post-permis. L’un des principaux objectifs serait de réduire la proportion des 18-20 ans tués sur les routes, qui représentent 21 % des victimes ! Révélées par nos confrères du Journal du Dimanche, qui ont pu s’entretenir avec un proche du dossier, ces réformes (non validées pour le moment) sont les suivantes.

Le bilan de compétences

Qu’on se le dise, l’examen du code de la route ainsi que son enseignement se passeront dorénavant sur un ordinateur et non, comme aujourd’hui, face à des diapositives projetées sur un écran. Les personnes le souhaitant devraient également être en mesure de passer leur code dans une langue autre que le français. Quant à l’épreuve de la conduite, elle ne devrait pas être chamboulée (toujours 35 minutes au volant), si ce n’est qu’il ne s’agira plus de sanctionner la moindre erreur du candidat, mais plutôt de réaliser un bilan de compétences de l’ensemble de sa prestation. Ainsi, à en croire l’un des auteurs de la réforme, « avec ces nouvelles règles, 15% des recalés d’aujourd’hui auront leur permis » !

Favoriser la conduite accompagnée

Pour tout ceux qui ne le sauraient pas encore, la conduite accompagnée (AAC) s’adresse aux jeunes à partir de 16 ans. Elle consiste à prendre 20 heures de cours en auto-école, suivis de 3 000 km de conduite avec un adulte. Un apprentissage étalé sur une durée plus importante qui donne de vrais résultats, puisque 70% des candidats ayant choisi l’AAC obtiennent leur permis du 1er coup, contre seulement 40% pour les élèves ayant suivi une formation traditionnelle. Du coup, l’Etat souhaiterait favoriser le recours à cette méthode. Cela permettrait de diminuer le taux d’échec et ainsi de raccourcir le délais entre deux examens, du fait de la diminution du nombre de participants. L’une des méthodes « incitatives » retenues serait la défiscalisation d’une partie des cours. Par ailleurs, alors qu’un jeune conducteur doit aujourd’hui attendre trois ans, sans avoir commis d’infraction, pour obtenir les douze points de son permis (il n’en a que six au départ), les élèves ayant choisi l’AAC pourront en être crédités dès la fin de leur première année.

Des aides financières

Si le permis à 1 euro par jour lancé en 2005 n’était, en soi, pas une mauvaise idée, il s’est depuis heurté aux facéties de certaines banques. En effet, ces dernières refusent régulièrement de se porter caution pour des jeunes qui n’auraient pas les moyens. Pour y remédier, l’Etat s’appuierait sur la constitution d’un fond de garantie se chargeant de financer ces cautions. De plus, un « livret d’épargne conduite » pourrait être mis en place, sur la base de versements mensuels dès le plus jeune âge et de taux de rémunération attractifs.

Enfin, une fois leur permis en poche, les jeunes conducteurs ne seront plus simplement lâchés dans la nature. Le Gouvernement compte, en effet, instaurer une visite obligatoire un an après l’obtention du permis. Elle prendra la forme d’une discussion entre jeunes diplômés et professionnels de la route. Celle-ci devrait coûter quelques dizaines d’euros. En revanche, aucun examen de conduite n’aura lieu.

Vers une réduction des délais

Dates d’examen difficiles à obtenir, délais d’attente trop importants… le parcours du combattant auquel sont confrontés les candidats est, malgré les apparences, le même que celui auquel doivent faire face les moniteurs et propriétaires d’auto-école. Il faut dire que toutes les démarches administratives sont, aujourd’hui encore, exclusivement effectuées par la poste. Une perte de temps qui peut aller de plusieurs semaines à quelques mois ! Ainsi, le Gouvernement songerait à alléger la procédure en informatisant (par envoi de courriers électroniques) le mode d’inscription au code de la route. A cela viendrait s’ajouter le recrutement de plus de deux cents inspecteurs.