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Quelles perspectives pour l'an prochain ?

Marché auto : à quoi s'attendre en 2011 ?

Le 16/12/2010 par Bruno Camus
Marché auto : à quoi s'attendre en 2011 ?
Credit Photo - DR
2010 s’achève à un niveau comparable à 2009. Mais derrière cette apparente stabilité, de profonds changements s’annoncent pour les années futures. Quelles en sont les perspectives dès 2011 ?
 
Après une progression en volume de 11% en 2009 sur le marché Français, grâce à l’effet du bonus écologique et de la prime à la casse ; et une timide reprise aux Etats-Unis, l’année 2010 confirme les tendances observées depuis deux ans :

- Un marché européen encore fragile, dont seuls les petits modèles et les véhicules low-cost connaissent une progression sensible (voire forte pour ce qui concerne les low-cost comme Dacia ou Chevrolet)
- Un marché nord américain qui se cherche autour des modèles moins chers et moins gourmands, et misant sur l’avènement des moteurs électriques.
- Un marché chinois qui poursuit sont développement et se prépare à lancer ses propres marques nationales ; et un marché indien qui suit, à un degré moindre, la même tendance.
- Un marché mondial du haut de gamme qui progresse envers et contre tout, mais qui représente des volumes marginaux, même si les marges sont ici plus élevées. Porsche retrouve par exemple son niveau de rentabilité d’avant la crise essentiellement grâce à sa berline Panamera, notamment aux USA ou elle est, depuis mai dernier, la Porsche la plus vendue sur ce continent.

Mais si le chiffre de plus de 2 millions de ventes de voitures neuves devrait donc être dépassé cette année, c’est sans doute du à la réduction des bonus au 1er janvier 2011 qui précipite les acheteurs dans les réseaux en décembre. Cette anticipation des commandes devrait provoquer un net fléchissement des ventes, au moins au 1er semestre 2011.

L’industrie automobile demeure donc fragile. Certes, Renault et P.S.A ont annoncé qu’ils allaient rembourser par anticipation un tiers du prêt accordé par l’état français (3 Milliards d’Euro) mais les plans de rigueur sont toujours d’actualité. Les grands constructeurs cherchent à restructurer leur organisation en la recentrant sur des portefeuilles de marques à potentiel de croissance et dans l’optique de réalisation d’économies d’échelle. Les alliances se poursuivent : Renault avec Daimler sous la forme de participations croisées ; Volkswagen par la reprise de Porsche et l’acquisition de 20% de Susuki. Les chinois rachètent des marques occidentales, comme Geely avec Volvo ou SAIC avec Hummer. Les indiens ont déjà récupéré Jaguar et Land Rover. General Motors s’est recentré sur 4 marques : Chevrolet, Buick, Cadillac et GMC et est en passe de réussir son appel à l’épargne publique après avoir été quasi nationalisée par le gouvernement américain qui a pris en 2009, 61% du capital et renfloué de 50 milliards de Dollars, dans un groupe au bord de la faillite.

La conjugaison de l’augmentation du prix du pétrole avec l’accroissement de la sensibilité du citoyen au développement durable ; et surtout les conséquences de la crise financière, ont provoqué des changements de comportements au niveau des automobilistes. Ils roulent moins, sont encore plus sensibles au prix des voitures et ne les considèrent plus autant comme des symboles de réussite sociale.
Demain ne sera donc plus comme avant !
Par Bruno CAMUS
Bruno Camus est Docteur en Gestion, Professeur de Marketing à Euromed Management. Auteur de plusieurs ouvrages parus aux Editions d’Organisation et d’articles académiques, ses travaux de recherche sont très centrés sur le secteur automobile avec lequel il travaille par ailleurs comme consultant.
Pour Autodéclics, il analyse et décode les stratégies des constructeurs et apporte un éclairage sur la complexité de leur marché et de leur environnement.


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