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Les automobilistes prêts à différer leur changement de pneus, même en limite d'usure.
Credit Photo - Autodeclics/BD
par Bertrand Debeuret
Ils souhaitent faire durer leurs pneumatiques au détriment de la sécurité

Les automobilistes prêts à différer leur changement de pneus, même en limite d'usure.

Selon une étude menée dans le cadre de la Semaine du pneu, 60,2 % des automobilistes confient vouloir faire durer leurs pneumatiques plus longtemps, voire en différer leurs changement même s'ils sont en limite d'usure. Inquiétant.

Du 10 au 15 juin 2013, le Syndicat des professionnels du pneu et l’association Prévention Routière lancent la Semaine du pneu. A quelques semaines des grands départs en vacances, des contrôles gratuits des pneumatiques seront proposés dans quelque 1 800 enseignes partout en France.

Cette initiative est motivée par un constat préoccupant. En effet une enquête menée par BVA en mai 2013 auprès de 1 000 automobilistes a révélé que si 78,5 % des automobilistes affirment vérifier la pression de leurs pneumatiques avant un grand trajet, nombreux sont ceux qui ne le font pas régulièrement. Mais bien pire : 60,2 % confient aujourd’hui vouloir faire durer leurs pneumatiques plus longtemps, voir en différer leurs changements, même s’ils sont en limite d’usure. Et ce pour 21 % d’entre eux.

La surveillance de la pression des pneus est particulièrement justifié puisqu’en 2011, 4,2% des accidents mortels sur autoroutes sont directement liés aux pneumatiques. La vérification des pneumatiques reste néanmoins une pratique trop occasionnelle et irrégulière : seulement 20% des conducteurs suivent les préconisations des manufacturiers (soit un contrôle une fois par mois), et 50 % des conducteurs vérifient leurs pneumatiques trois fois ou moins par an.

Cet entretien trop occasionnel s’explique en partie par de nombreuses difficultés rencontrées par les automobilistes : trouver une borne de gonflage à proximité, les équipements défectueux, ou un doute sur le bon étalonnage de la borne...

« Une vérification régulière des pneumatiques est pourtant indispensable car un pneu perd naturellement de la pression (jusqu’à 0,1 bar par mois). Par ailleurs des pertes de pression importantes peuvent survenir en cas de choc avec un trottoir, de clou enfoncé dans le pneu… Un pneu sous-gonflé n’assure plus la tenue de route du véhicule, en particulier dans les virages. Par manque de pression, le pneumatique se détériore et s’use prématurément. Et le pneu s’échauffe anormalement, ce qui risque de provoquer un éclatement », explique Christophe Ramond, directeur des Études et Recherches de l’association Prévention Routière.

Le contexte économique actuel a incité 21% des conducteurs à différer le changement de leurs pneumatiques même s’ils savent qu’ils sont en limite d’usure. Respecter une profondeur de sculpture minimale de 1,6mm est non seulement une obligation mais surtout un impératif de sécurité. Sur route mouillée en particulier, les pneumatiques usés augmentent considérablement la distance de freinage, ainsi que le risque de dérapage ou d’aquaplanage. Sans compter l’amende de 135 € et l’immobilisation du véhicule en cas de contrôle.