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Essai Renault Twizy

Essai Renault Twizy : Le show Twizy en plein Paris

Le 14/05/2012 par Laurent Meillaud
Credit Photo - Autodéclics/LM
Essai Renault Twizy : Le show Twizy en plein Paris
Fiche technique : Renault
Si Renault a préféré inviter la presse à Ibiza, nous avons voulu tester le quadricycle électrique dans son élément : les rues de la capitale. Histoire de vérifier s'il tient ses promesses.
Nous ne l'avons pas fait exprès, mais vendredi dernier, le ciel était gris et il pleuvait. Des conditions météo qui auraient fait tâche à Ibiza, mais qui, au contraire, reflètent la réalité au quotidien dans la capitale.
Notre Twizy était équipée de ses demi-portes optionnelles. Tant mieux, car celles-ci ne sont pas vraiment superflues.

Par rapport à un scooter, auquel on le confronte en général, le Twizy protège mieux des intempéries grâce à son toit et à sa carrosserie. Toutefois, il inaugure une nouvelle catégorie. Ce qui fait que vous êtes considéré comme une bête curieuse, à la fois par les automobilistes et par les utilisateurs de deux roues.

Vous l'aurez compris, c'est un engin vraiment déroutant. On aime ou on n'aime pas. Seule certitude : vous ne passerez pas inaperçu dans le trafic urbain.
Avant de partir
Avant de partir
Autodéclics/LM
L'installation à bord du Twizy est très facile. Il suffit de plonger la main à travers le haut de la portière (il n'y a pas de vitre), de tourner la poignée intérieure et de la lever. Effet garanti avec la portière qui s'ouvre en élytre comme une Mercedes SLS AMG. Précisons au passage que les portes ne ferment pas à clé.

Ensuite, on s'assoit. Pas de réglages électriques pour le siège, mais un système mécanique qui permet de reculer le siège conducteur.

On trouve à bord des ceintures de sécurité trois points, à l'avant comme à l'arrière. Renault a même prévu une ceinture additionnelle pour le conducteur (qui s'enfile juste autour de l'épaule droite), qui protège en 4 points.

Les mains prennent position de part et d'autre d'un vrai volant (avec airbag intégré). Le tableau de bord numérique, de forme ovale, est intégré en haut de la planche de bord et protégé par une casquette. L'affichage est simple avec, à gauche et en vert le rapport engagé (D, N ou R) et sur un écran bleuté les infos essentielles (jauge d'électricité, autonomie restante, vitesse et heure).

Le commodo de droite gère les menus du tableau de bord et l'essuie-glaces (avec une fonction de désembuage). Celui de gauche permet de piloter l'éclairage, le klaxon et un amusant bruiteur (pratique pour la marche arrière ou à l'approche de piétons).

A gauche du volant, une touche à trois positions (D, N et R) permet d'enclencher le rapport souhaité de la boîte automatique. Mais auparavant, il faut déverrouiller le frein à main (de type aviation), en gardant le pied sur le frein.
Premières sensations
Premières sensations
Autodéclics/LM
En route ! Pour sortir du parking de Renault, le Twizy n'a aucun mal à monter la rampe sur trois étages. Une fois au grand jour, on se retrouve un peu transi par le froid. L'air passe à travers tout l'habitacle qui devient du coup un refuge à courants d'air. D'autre part, vous voilà en prise directe sur la ville. Cette absence totale d'insonorisation peut vraiment choquer, car vous entendrez sans filtre les scooters et tous les bruits du trafic urbain, dont par exemple cette Polo diesel antédiluvienne que j'ai croisé dans le XVIème et qui faisait le bruit d'un tracteur.

Du coup, on apprécie moins le silence de fonctionnement que procure un véhicule électrique.

Par contre, on est plus grisé par la vitesse (relative, car ce modèle atteint 80 km/h en pointe et j'ai respecté les 50 en ville). Il faut dire que le Twizy accélère fort et qu'il se montre très maniable, aidé en cela par son poids plume (de 473 kg à vide) et son court rayon de braquage. C'est aussi assez étonnant de découvrir le trottoir qui défile à travers la partie transparente des demi-portes.

Pour résumer, c'est comme si on faisait du scooter sans casque. C'est d'ailleurs pour cela que les adeptes du BMW C1 pourraient éventuellement choisir le Twizy.

Pour l'anecdote, l'absence de vitres fait que l'on entend les conversations des passants. Et puis, cela favorise la rencontre avec les autres usagers (piétons, cyclistes et utilisateurs de scooters) qui n'hésitent pas à venir vous parler.
A l'épreuve de la ville
A l'épreuve de la ville
Autodéclics/LM
Mais, venons en à l'épreuve de vérité : comment se comporte le Twizy en ville ? D'abord, la puissance de 17 ch est largement suffisante pour s'insérer dans le trafic. Quant à l'autonomie, elle ne pose franchement aucun problème dans le cadre d'une utilisation normale. Mon modèle d'essai affichait 59 km d'autonomie lors de la prise en main. Un chiffre qui était le même à l'arrivée, après 22,7 km de roulage dans la capitale. Les levers de pied et les freinages permettent de récupérer de l'énergie, et donc de prolonger l'autonomie.

Homologué en tant que quadricyle lourd, le Twizy ne peut pas rouler sur les autoroutes et les voies rapides, ni sur le périphérique (en principe). Son terrain de jeu reste donc la ville et ses artères. Et si ses dimensions (2,33 m de long, 1,23 m de large et 1,45 m de haut) ne lui permettent pas de remonter les files, cet engin peut en revanche se glisser dans un trou de souris. Il est assez facile de changer de trajectoire (encore une fois, grâce à la maniabilité) et de plonger dans les espaces vacants de la circulation urbaine.

Vous n'échapperez pas aux bouchons. Mais, seule consolation : à l'arrêt, le Twizy ne consomme rien.

Evidemment, j'ai sacrifié au rite de la place de l'Etoile. Il faut s'imposer, parmi les stars du trafic ubain (Smart, Fiat 500, Mini, Bluecar, scooters de type MP3) et les 4X4. On ne vous fait pas de cadeau. Mais, sur une place où même des livreurs à vélo osent s'aventurer, il n'y a pas de territoire interdit.

Pour se garer, la taille réduite est un réel avantage. Mais, là encore : le Twizy n'est pas un scooter. On ne peut pas stationner sur le trottoir.
Une grande stabilité
Une grande stabilité
Autodeclics/LM
Il est important de préciser que la direction n'est pas assistée. Ce n'est pas très gênant, car le Twizy n'est pas lourd. De même, il n'y a pas d'ABS et évidemment pas d'ESP non plus. Il vaut mieux garder ses distances pour éviter les mauvaises surprises, notamment par temps de pluie. Mais, nous n'avons rien à redire sur le freinage.

Développé avec l'aide de Renault Sport, le châssis garantit une bonne stabilité. Je l'avais déjà constaté lors d'une première prise en main sur la piste d'essai de Renault sur l'île Séguin à Boulogne. Le Twizy tient bien le pavé et je me suis bien amusé en faisant le tour de l'Étoile.

Toutefois, les suspensions sont fermes. Très fermes, même. Vous serez surpris en roulant sur les pavés, et encore plus en arrivant sur les ralentisseurs où il faut vraiment ralentir.

A part ça, on apprécie d'avoir un pare-brise et un essuie-glaces. C'est un vrai plus par rapport à un scooter, à la fois pour la visibilité et pour la protection contre la pluie.
L'aspect pratique : peut (beaucoup) mieux faire
L'aspect pratique : peut (beaucoup) mieux faire
Autodéclics/LM
Pendant mon galop d'essai, où il s'est mis à pleuvoir, je n'ai pas trop senti les gouttes. Par contre, les demi-portes étaient éclaboussées par des projections d'eau. On devine ce qui risque de se passer à la mauvaise saison pour ceux qui ont choisi le Twizy sans portes.

Mais, Renault ne manque pas d'idées. Il y a un petit espace de rangement à gauche sur la planche de bord, où on peut ranger... un poncho ! Pas mal, mais il ne ferme pas à clé (contrairement à l'espace de rangement de droite, où on range les papiers du véhicule).

L'essai a été réalisé seul et sans bagages. Pour transporter quelqu'un en tandem, il vaut mieux porter son choix sur quelqu'un de mince et pas trop grand. Le minuscule coffre sous le siège passager (qui ferme à clé) ne permet pas de ranger grand chose. Et comme la voiture reste ouverte à tous les vents quand vous êtes parti, il vaut mieux ne rien y laisser.

A ce propos, ce n'est pas facile de s'y retrouver dans le noir. Il n'y a pas d'éclairage intérieur quand les portes s'ouvrent et on a du mal à trouver l'endroit où mettre la clé.

Parmi les plus, j'ai noté le bruitage activé par les clignotants et l'alerte (bip bip et voyant D qui clignote) qui vous rappelle au feu ou à l'arrêt que vous êtes en D et non pas au point mort. Par contre, j'ai pu constater que si on oublie de boucler sa ceinture, il n'y a pas de témoin et pas d'alerte.

Si la vision est bonne dans le trafic, elle est par contre inexistante pour les manœuvres de recul. Vous êtes à égalité avec les camions de déménagement. C'est vraiment le point noir de cet engin.
Bilan : un Twizy oui mais pour quoi faire ?
Bilan : un Twizy oui mais pour quoi faire ?
Autodéclics/LM
Mon impression, comme beaucoup de mes confrères journalistes, est que le Twizy est assurément un véhicule "fun" à conduire. Mais, on se pose toujours la même question : à quoi ça sert ? Et j'avoue que je n'ai pas encore trouvé.

De même, on imagine plus ce véhicule en bord de plage et dans des parcs de loisirs qu'au coeur des villes.

Cet OVNI de la route peut séduire une clientèle qui veut rouler différent, avec des sensations plus fortes tout en respectant le code de la route. C'est en ce sens que je le compare plus au BMW C1. D'ailleurs, j'ai retrouvé la même curiosité dans le regard des autres qu'à l'époque du lancement de ce drôle de deux roues.

En tout cas, rouler en Twizy est une expérience vraiment à part. Il faut voir la tête des passants qui expriment soit la surprise, soit l'amusement. Mais, on ne se moque pas de vous. On vous sourit, on vous encourage. Comme quoi, rouler différent peut aussi changer les mentalités en ville.
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