Stage de pilotage
CONSEIL
JURIDIQUE
Cote auto
Mondial de l'auto
Rechercher
Automobile > Essais auto > Essais automobile saab > Essais automobile saab 9-5 > Essais automobile 9-5 estate 2.0t linear biopower

Essai Saab 9-5 BioPower

Essai Saab 9-5 BioPower : une belle plante suédoise

Le 15/11/2006 par Stephan Huyvenaar
Essai Saab 9-5 BioPower : une belle plante suédoise
Fiche technique : Saab 9-5 Estate
Prendre le volant pour la première fois en France d'un véhicule carburant au bioéthanol E85 n'est pas anodin : instant historique ou simple argument marketing ?
La France passe le (bio)-turbo
Depuis juin 2006, tout s’accélère en France en ce qui concerne la mise en place d’un carburant propre : Thierry Breton, le ministre de l’économie et des finances, a mandaté Alain Prost pour lui remettre un rapport complet sur la mise en place de l’E85 dans l’hexagone. A l’occasion du Mondial de l’Automobile, début octobre, le rapport de la commission Flex Fuel annonçait officiellement le déploiement en 2007 d’un réseau de pompe E85 ainsi que la commercialisation de véhicules capables de carburer à cette nouvelle énergie. Le 13 novembre, une charte était signée entre les différents acteurs (constructeurs automobiles, filière agricole, pétroliers et distributeurs), sous la bénédiction du gouvernement. Tous s’engagent à faire le nécessaire courant 2007 pour que le consommateur puisse rouler à l’E85. Ainsi, 500 pompes vont être installées, et PSA, Ford, Volvo, Renault et Saab vont proposer des modèles E85 dans les jours à venir. Si la France peut aller aussi vite sur le sujet, c’est que certains de nos voisins européens ont pris la décision il y a déjà quelques années de développer une vraie politique écologique à travers notamment les biocarburants. Ainsi, la Suède a ouvert sa première pompe au bioéthanol E85 en … 1995 ! Aujourd’hui ce pays compte plus de 500 pompes et la majorité des suédois roule à l’E85. Le gouvernement vient même d’annoncer qu’il se donnait jusque 2020 pour se désengager totalement de sa dépendance vis-à-vis du pétrole.
Saab ouvre le bal
Rien de bien étonnant donc à ce que le constructeur suédois Saab fasse partie des signataires de la charte sur l’E85 et qu’il soit dans les premiers (avec Ford) à proposer des véhicules E85 en France. Pour Saab France, il s’agit simplement de « mettre au catalogue » des véhicules qui sont déjà largement répandus en Suède et qui font leurs preuves depuis de nombreuses années. C’est la berline 9-5 qui ouvre la marche avec deux motorisations : un 2.0 turbo BioPower de 180 chevaux et la nouvelle 2.3 turbo BioPower de 210 chevaux. Extérieurement, mis à part un petit logo « BioPower » à l’arrière du véhicule, rien ne distingue cette variante E85. Idem à l’intérieur. Il s’agit d’une Saab 9-5 « comme une autre » et c’est justement cela qui est intéressant ! Contrairement à certaines offres hybrides (électrique/essence) comme la Toyota Prius, le véhicule est le même, n’obligeant pas le consommateur à faire un choix sur le design ou l’habitabilité. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que rouler à l’E85 ne change en rien les habitudes du conducteur, contrairement, par exemple, au GPL. Ici, pas de contrainte dans les parkings, pas de modifications complexes du véhicule. Pour rouler à l’E85, il suffit de faire le plein et de rouler : c’est un carburant comme un autre qui vient compléter les actuels super 95, 98 et le diesel.
L’E85 c’est quoi au juste ?
Pour bien percevoir les enjeux de ce nouveau carburant, il convient de faire un petit point sur cette énergie. L’E85 est composé à 85% de bioéthanol et à 15% de super sans plomb. Le bioéthanol est issu des cultures agricoles telles que le maïs, la canne à sucre, la betterave ou encore la biomasse. Contrairement à l’essence, l’utilisation de ce carburant n’augmente pas la concentration dans l’atmosphère de dioxyde carbone (C02), principal gaz à effet de serre. En effet, si les émissions rejetées sont du même ordre (voire supérieures) que pour un véhicule essence, le bilan énergétique final est équilibré : le véhicule rejette du « bon » CO2 puisque soutiré par les végétaux destinés à la conversion pendant leur croissance. A l’inverse, la consommation d’un carburant d’origine fossile tel que l’essence ajoute du « mauvais » CO2 car non issu de la production végétale : ce CO2 vient donc s’ajouter à celui déjà présent sur notre planète au lieu de « recycler » celui qui s’y trouve déjà. Cela revient à dire qu’un véhicule roulant au bioéthanol fait sa propre photosynthèse, à l’instar d’une plante ! On parle de véhicules « FlexFuel » car ils sont capables de recevoir de 0 à 85% maximum de bioéthanol dans leur réservoir. C’est un argument de poids car si le conducteur n’a pas de pompe E85 au moment où il doit faire le plein, il peut sans soucis mettre du super 95. Pour finir sur la présentation de l’E85, il est important de noter que les véhicules utilisant ce carburant consomment en moyenne 30% de plus. Le prix moyen du litre en France devrait se situer aux alentours de 0,80€ soit une dépense proche du diesel pour le consommateur. Néanmoins, ce carburant sera moins soumis aux aléas du prix du baril de pétrole et ce pour deux raisons : seulement 15% de sa composition répond aux règles du marché pétrolier et les 85% de bioéthanol ne seront pas taxés par l’Etat. Il devrait donc en résulter un prix beaucoup plus stable à la pompe.
Plus écologique, plus de puissance
Lors de nos essais de la Saab 9-5 2.3t BioPower, nous avons été séduits par le fait qu’au volant rien ne change ! Enfin presque puisque cette Saab, avec le même moteur, gagne 14% de puissance lorsqu’elle roule à l’E85.

Cela s’appelle avoir le beurre et l’argent du beurre. Non seulement la Saab 9-5 BioPower roule propre (à 85%) mais en plus elle y gagne en puissance ! Il faut en effet savoir que ce carburant offre un indice d’octane beaucoup plus élevé (104) que l’essence sans plomb (95). Les motoristes de Saab, qui travaillent depuis de nombreuses années sur cette énergie, ont su en tirer profit. La turbocompression – chère à la marque suédoise – permet de recourir à une pression de suralimentation supérieure et à un calage de l’allumage plus avancé. Il en résulte une augmentation de la puissance sans risque de « cliquetis » dommageable au moteur. La seule contrainte qui s’impose aux constructeurs est la modification physique des organes en contact direct avec l’E85, plus corrosif que l’essence (siège de soupape, circuit d’alimentation, réservoir, pompe, durites …). Tout le travail est fait par un calculateur, le « Trionic » chez Saab, qui se charge de calculer en permanence la stoechiométrie (le bon mélange carburant/air) du moteur.

Cette Saab 9-5 est aujourd’hui la première berline E85 commercialisée en France. Relookée récemment, cette auto s’appuie sur un châssis certes un peu ancien mais qui reste à la fois confortable et incisif. Le moteur turbo 2,3 litres, déjà très véloce, gagne ici en performance grâce au meilleur rendement du carburant E85 et offre ainsi une accélération de 0 à 100 km/h de 7,9s contre 8,5s en version essence. Il est accouplé à une boîte mécanique ou automatique 5 vitesses avec un mode séquentiel. Ce dernier offre une commande au volant des vitesses par bouton poussoir sur le volant, peu commode à l’usage. Disponible dès à présent en version 2.0t BioPower en berline et Estate (break) aux tarifs respectifs de 31.000 et 32.750 euros (finition Linear), la 2.3t BioPower sera commercialisée début janvier. Le surcoût par rapport au modèle essence ne devrait pas être beaucoup plus significatif que pour la 2.0t soit environ 1.000 euros (ce qui amènerait la 2.3t au prix de 37.200 euros en berline finition Vector).

Fidèle à son image écologique, Saab ouvre donc la voie vers la démocratisation de cette nouvelle énergie propre. Une voie qui va très rapidement être suivie par de nombreux autres constructeurs, à commencer par les français, Renault en tête. Si l’E85 n’est pas encore la solution miracle au salut de notre planète il a deux énormes avantages : il est disponible immédiatement et il prépare les mentalités (et les politiques !) à un avenir proche qui verra l’industrialisation d’une énergie encore plus propre, la pile à combustion. Ca, c’est une autre histoire, elle aussi en marche, qui ne fait que confirmer que l’E85 n’est pas un simple feu de paille issu de services marketing mais bel et bien une étape vers des énergies non polluantes.
BONS PLANS
Commentaires

X
Pour une expérience optimale, désactivez AdBlock.
adblocktest
ad articles essai_automobile