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Essai SSANGYONG REXTON II Rexton II 270 XDi Confort

Ssangyong Rexton II : placide mastodonte !

Le 31/05/2007 par Vincent Gonin
Ssangyong Rexton II : placide mastodonte !
Fiche technique : Ssangyong Rexton Ii
De l’atypique Actyon au monumental Rodius en passant par le déconcertant Kyron, le constructeur aux deux dragons a érigé le non-conformisme au rang de précepte. Toute la gamme est constituée de propositions décalée. Toute ? Non. Au beau milieu de cette famille iconoclaste, subsiste le Rexton qui s’illustre par son classicisme. Le prix à payer pour croiser le fer dans la sphère privilégiée des SUV de standing.
Présentation
Présentation
La silhouette massive du Rexton II ne manque pas d'allure
Après quelques années d’absence sur le marché français consécutives au rachat par son compatriote Daewoo en 1998, la marque, sauvée en 2004 par le consortium chinois SAIC, est de retour dans nos contrées. Un retour fracassant qui s’est traduit par une pléiade de nouveautés atypiques. Apparu en France sous le label Daewoo il y a presque 6 ans, le Rexton, qui tranche avec cet anticonformisme, a bénéficié d’un second rafraichissement l’an dernier. Alternative « économique » aux SUV de luxe des spécialistes allemands ou japonais, le Rexton II joue donc les vétérans sur un segment en plein renouveau. Sensiblement plus haut qu’un Lexus RX 350, et même que les BMW X5 ou Mercedes ML, il demeure toutefois moins disproportionné que le Q7 d’Audi.
Doté d’une silhouette haute et massive, d’imposantes roues de 18 pouces entourées d’élargisseurs et d’une calandre altière dont les barrettes chromées évoquent ostensiblement l’étoile de Stuttgart, le colosse coréen sacrifie sans surprise aux canons esthétiques de la catégorie. La carrosserie biton, ceinturée de protections plastiques qui assurent à l’objet une apparence de baroudeur, se débarrasse en partie des moulures chromées qui caractérisaient son prédécesseur. L’habitacle, qui renonce au faux bois trop clinquant, évolue lui aussi vers davantage de sobriété. En revanche, le gabarit impressionnant, supérieur à celui d’un grand monospace, demeure inchangé et confère au véhicule une stature quelque peu incongrue dans les artères embouteillées de l’Ouest parisien. Qu’importe : notre itinéraire provincial offrira à l’engin, qui semble piaffer d’impatience de se dégourdir les pneus sous d’autres cieux, l’occasion de jouer sur un terrain plus favorable.
Intérieur
Intérieur
Un habitacle austère mais spacieux et plutôt valorisant.
Soulignées de discrets marchepieds, les portes s’ouvrent sur un vaste habitacle tendu de cuir dont la relative austérité est renforcée par la dominante délibérément sombre. D’un noir d’ébène, rehaussé de parements imitation carbone, l’ensemble n’incite pas à la franche allégresse, mais s’affranchit délibérément de l’aspect baroque qui avait pu être reproché à la précédente mouture. Il n’en demeure pas moins que la luminosité n’est pas la principale qualité de cet habitacle, qui est de surcroît ceint de vitrages fortement surteintés qui nuisent à la rétrovision. Heureusement, le toit ouvrant électrique disponible en série sur cette version Grand Luxe apporte un peu de lumière à cet ensemble ouaté.
La finition, sans prétendre rivaliser avec les références allemandes ou nipponnes telles les BMW X5, Mercedes ML et surtout Lexus RX 350, demeure honorable, même si le mobilier pâtit d’une qualité de matériaux assez inégale. Le plastique moussé à cœur de la coiffe et le pelliculé de surface des contreportes côtoient ainsi de nombreux plastiques durs, notamment en partie inférieure de planche de bord. Même si le soin du détail n’est pas aussi poussé que chez certains compétiteurs germaniques ou nippons, l’habitacle regorge toutefois de petites attentions, comme les commandes de boîte séquentielle et d’autoradio déportées au volant, la pléthore de réglages électriques des confortables sièges, ou encore le surprenant Easy Access qui facilite l’accès à bord. Les seuils de porte inox ou les multiples monogrammes Rexton qui envahissent le véhicule renforcent le sentiment d’exclusivité. Les nombreux rangements qui parsèment ce cockpit plutôt cossu, de l’étui à lunettes au coffret ménagé sous l’accoudoir en passant par la trappe aménagée pour recevoir un téléphone mobile, confortent l’aspect pratique de ce robuste SUV.
Moteur
Moteur
Animé par un robuste 5 cylindres diesel, le Rexton dispose d'un couple de 420 Nm.
Un peu engoncé dans le large fauteuil qui fait office de siège, le conducteur est tout d’abord surpris par la position de conduite, plus haute que dans un grand monospace. L’instrumentation, étonnamment dépouillée compte tenu de la catégorie du véhicule, s’avère particulièrement claire et lisible. Le moteur, qui s’ébroue avant d’ébranler le Rexton dans des grognements de plantigrade pyrénéen, ne laisse aucun doute quand à sa technologie : il s’agit bien d’un diesel ! Issu d’un lointain partenariat avec l’actionnaire minoritaire Mercedes, ce bloc 5 cylindres XDi de 2,7L à rampe commune bénéficie désormais d’un turbo à géométrie variable, privilège de cette déclinaison Grand Luxe, qui lui fait gagner quelques 21 chevaux.
Malgré ce surcroit de puissance, la mécanique a fort à faire pour animer les plus de 2 tonnes de cet encombrant mastodonte. Sa sonorité caverneuse, très présente lors des relances, possède un timbre guère éloigné du « petit » 2L qui anime l’Actyon. Accouplé à une boite assez lente, distillant une sensation de patinage assez prononcée, le moteur transmet lentement mais sûrement la puissance aux 4 roues par l’intermédiaire d’une transmission intégrale permanente AWD (All Wheel Drive) à répartition avant/arrière 40/60 qui évince la transmission TOD dans les entrailles de ce sommet de gamme. Une transmission peu propice à la frugalité : au terme de notre essai, mené avec souplesse, nous avons pu constater une consommation moyenne de l’ordre de 12L/100km. A ce rythme, les 80L du réservoir autorisent néanmoins une confortable autonomie d’environ 700 km.
Equipé d’airbags frontaux et latéraux tête/thorax, ce SUV dispose aussi d’un arsenal impressionnant d’aides à la conduite: une vraie liste à la Prévert où se côtoient l’inévitable ABS, mais aussi l’ESP, le BAS, l’ABD, l’ASR, l’ARP ou encore le HDC.
Sur la route
Sur la route
Ce gentleman farmer préfère les sentiers défoncés aux petites routes sinueuses...
Mal à l’aise dans les petites ruelles de centre ville, où ce pachyderme manque de place pour s‘ébattre, le Rexton II est plus à son affaire sur les nationales rectilignes qui desservent la capitale, fussent-elles embouteillées. Sa transmission automatique, peu adepte des franches accélérations, fait en effet merveille dans les ralentissements où son usage est particulièrement reposant. En revanche, un coup d’œil à la jauge a tôt fait de rappeler l’appétit de la voiture, aiguisé par l’exercice.
Quelques kilomètres parcourus à vive allure sur de petites routes mettent en évidence une direction très assistée, voire assez inconsistante. Le rappel peu marqué, qui s’accompagne d’un léger flou autour du point milieu, est assez peu propice à la tenue de cap à haute vitesse. Ce type de parcours confirme aussi le tarage très souple de la suspension, une caractéristique usuelle au pays du matin calme. Malgré la nouvelle suspension arrière indépendante multi bras, apanage de la Grand Luxe, la caisse manque de tenue et s’anime d’amples mouvements de caisse au passage de ralentisseurs ou de bosses de forte amplitude. Dans le même ordre d’idée, la hauteur importante du centre de gravité occasionne une inertie importante lors des changements d’appui, accompagnée d’un roulis assez prononcé, ce qui n’incite pas à une conduite sportive.
De toute évidence, le Rexton n’a pas été conçu pour être cravaché. Ce géant placide donne en effet sa pleine mesure lorsqu’il est mené « sur un filet de gaz », avec souplesse et douceur. Une conduite « coulée », apaisée, lui sied à merveille. Dans ces conditions, les borborygmes du moteur se font des plus discrets, et les occupants peuvent profiter pleinement du remarquable confort des suspensions, qui gomment parfaitement les petites inégalités du revêtement.
Impassible sur les routes pavées, le Rexton ne rechigne pas non plus à effectuer quelques escapades hors bitume. Si son châssis échelle constitué de 2 longerons et de neuf traverses campe une architecture peu propice à la conduite dynamique, il en fait en revanche un compagnon efficace pour partir à l’assaut des chemins creux. Les généreux débattements de sa suspension ainsi que sa garde au sol de 20 cm lui permettent donc de distancer nombre de rivaux sur ce terrain de prédilection.
Bilan
Colosse placide : un nom scout qui irait comme un gant à ce flegmatique pachyderme, dont la stature imposante impressionne autant que sa douceur. Encombrant, et représentant d’une catégorie de plus en plus décriée, ce lourd SUV n’est pas très adapté aux mégapoles encombrées. Mais sa polyvalence, son vaste habitacle et ses capacités hors bitume en font une proposition intéressante pour qui est coutumier des chemins de traverse. D’autant que si ce sommet de gamme, affiché 41 990 euros, n’est pas particulièrement donné, il demeure sensiblement plus accessible que la plupart de ses rivaux plus prestigieux.
Le bilan
Points Forts
- Douceur de conduite
- Habitabilité
- Confort
- Aptitudes tout chemin

Points Faibles
- Comportement pataud
- Encombrement
- Consommation
BONS PLANS
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