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Paul Lucchese : « la pile à hydrogène coûte encore trop cher »

Paul Lucchese : « la pile à hydrogène coûte encore trop cher »

Le 01/04/2008 par Julien Dell
Paul Lucchese : « la pile à hydrogène coûte encore trop cher »
En charges des nouvelles technologies de l'énergie au Commissariat à l'Energie atomique (CEA), Paul Lucchese nous explique les principaux problèmes liés à l'utilisation d'une pile à hydrogène.
Pourquoi ne commercialise-t-on pas, dès à présent, des véhicules fonctionnant avec une pile à hydrogène ?
Tout simplement parce que ça coûte très cher. Le platine, métal précieux et rare, est à la fois l’un des éléments essentiels et l’un des plus coûteux de la pile à combustible actuellement. Il y a de nombreuses recherches qui sont faites pour en diminuer la quantité et notamment les nanotechnologies / nanomatériaux qui permettront de diviser cette quantité par 3 ou 4, d’ici cinq à dix ans. L’objectif, c’est d’obtenir des coûts équivalents à ceux des moteurs classique et pour le moment, ce n’est pas encore possible. Ça, c’est le premier point. Le deuxième, c’est la valeur d’usage du service rendu au kilomètre, et là finalement, c’est le coût de l’hydrogène que vous utilisez. Donc, on essaie de faire en sorte que le coût au kilomètre pour le client soit le même qu’il a actuellement avec l’essence, ce qui est différent d’un usage énergétique. Ici, on ne parle pas d’énergie mais de service rendu et comme la pile est beaucoup plus efficace qu’un moteur à combustion interne, vous aurez finalement besoin de moins d’énergie pour faire le même kilométrage.
Mais concrètement, quel serait aujourd’hui la différence de tarif entre un véhicule traditionnel et son homologue doté d’une pile à combustible ?
Si on était capable de bâtir une usine qui produirait en très grande série des piles à hydrogène, avec les technologies actuelles, il y aurait un surcoût de plusieurs milliers d’euros.
Pour quelle autonomie ?
Jusqu’à présent les meilleures autonomies étaient annoncées par General Motors aux environs des 400 km, mais Toyota vient de parler de plus de 500 km, ce qui est tout à fait compatible avec les marchés du futur. Les véhicules 100% électriques équipés de simples batteries ont en revanche une autonomie beaucoup plus faible, de l’ordre de 100 à 150 km.
D’ici combien de temps verrons-nous des véhicules de grande série fonctionner à l’hydrogène ?
On saura à coup sûr d’ici 2015 si une telle source d’énergie a de l’avenir dans l’automobile. Et en cas de réponse positive, il faudra encore quelques années avant que cela puisse être déployé à l’échelle mondiale.
Mais il y a-t-il un risque à rouler à l’hydrogène ?
C’est un sujet qui fait l’objet de nombreuses études. Beaucoup de grands constructeurs sont très actif dans ce domaine et notamment Ford qui a fait des crash-tests et des incendies de voiture à hydrogène.

Eh bien, il s’avère qu’une voiture fonctionnant à l’hydrogène n’est pas plus dangereuse qu’une voiture à essence dans presque toutes les conditions. Il y a néanmoins un problème à résoudre dans les garages, dans les sous-sols et dans tous les espaces où il n’y a pas une évacuation naturelle de l’hydrogène puisque, dans ces cas, il y a en effet un risque d’explosion. Donc, il faudra tenir compte de cette spécificité pour qu’il n’y ait aucun risque le jour où des véhicules fonctionnant à l’hydrogène seront commercialisés.
Et d’où vient ce risque ?
L’hydrogène explose lorsqu’il se mélange avec l’oxygène, avec un pouvoir explosif assez fort d’ailleurs. Donc pour éviter tout risque d’explosion, il faut faire en sorte que ce mélange ne puisse pas avoir lieu.
Enfin, existe-t-il un moyen de produire de l’hydrogène sans dégager de CO2 ?
Oui, il y a trois façons de faire. La première, c’est de rendre les procédés actuels propres, c’est à dire de capturer, de stocker à la base le CO2. ce qui est une voie de transition puisque les ressources fossiles vont s’épuiser. La deuxième, ce sont les énergies renouvelables. On peut par exemple produire de l’hydrogène à partir d’éoliennes. La troisième voie étant le nucléaire de 4ème génération, qui ne produit pas de CO2.

Interview réalisée dans le cadre d'une conférence organisée par la societé Agrion.
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